Au fur et à mesure de l’accroissement de l’urbanisation, les terrains d’aviation, pour la plupart construits il y a plus de vingt ans en dehors des agglomérations, se retrouvent petit à petit au cœur de zones plus ou moins habitées. Au delà des débats malheureusement stériles sur le bien-fondé de certaines constructions résidentielles ou “ l’utilité ” de l’aviation générale, les réactions des riverains et le contrôle des nuisances sont devenus des questions primordiales que les utilisateurs de ces plates-formes sont tenus de traiter, sous peine de réduction, voire de la suppression pure et simple de leur activité.
L’aérodrome de Grenoble-Le versoud, déjà délocalisé “ loin ” dans la vallée du Grésivaudan dans les années 68 pour cause d’urbanisation Grenobloise et de Jeux Olympiques, n’échappe pas pour autant à son destin, et à ce titre, des efforts considérables ont été consentis par les aéro-clubs de la plate-forme pour équiper les avions de pots réducteurs de bruit.
Pourtant, conformément à la parole du Sage
précisant qu’un problème bien posé est déjà
à moitié résolu, l’aéro-club du Dauphiné
souhaitait en savoir plus sur l’influence des nombreux paramètres
directement impliqués dans la perception du bruit des avions par
ceux qui restent au sol. En d’autres termes, quelle est la valeur réelle
du montage d’un silencieux, d’une hauteur de survol différente,
de déviations de trajectoires, de configurations moteur particulières
dans les diverses phases du tour de piste, etc…
Une occasion unique de réaliser ce souhait nous
a été donnée pendant l’été 1999 par
la D.D.A.S.S. de l’Isère, dans le cadre d’une étude très
poussée de l’environnement sonore de notre aérodrome, préconisée
par sa Commission Consultative de l’Environnement.
Le protocole retenu conjointement par l’aéro-club
et les ingénieurs de la D.D.A.S.S. prévoyait l’évaluation
de l’influence sur le bruit des paramètres suivants :
- Montage d’un silencieux d’échappement
- Montée à pente max. par rapport à
une montée normale
- Régime moteur en circuit d’aérodrome
- Hauteur du circuit
- Pente d’approche à l’atterrissage
3 séances de mesures ont donc été
organisées en Juin et Juillet 1999, en utilisant à chaque
fois la même batterie de sonomètres, et deux avions identiques
: Des DR400 120CV école approximativement du même âge,
l’un muni d’un silencieux et l’autre non, avec toujours le même pilote
et ses 90Kg seul à bord, avec le plein d’essence.
L’objectif était de toujours procéder à
trois mesures consécutives dans chacune des configurations choisies,
chaque configuration ne faisant varier qu’un seul des paramètres
retenus.
Les sonomètres étaient disposés au
sol, sur une ligne perpendiculaire à la trajectoire de l’avion,
l’un directement sous la trajectoire, et deux ou trois autres éloigné
de 100 à 1500m de la trajectoire, selon les emplacements choisis.
Les paramètres utiles (hauteur de passage ou régime
moteur) étaient enregistrés à chaque passage à
la verticale des sonomètres.
Au total donc, neuf trains de trois mesures on été
effectuées :
1) Sonomètres sous la trajectoire
de décollage :
a) Avion sans
silencieux en montée normale
b) Avion avec
silencieux en montée normale
c) Avion avec
silencieux en montée pente max.
2) Sonomètres sous la branche
vent arrière ; Avion avec silencieux
a) Passage
à 700ft, moteur à 2500tr/mn
b) Passage
à 700ft, moteur à 2200tr/mn
c) Passage
à 1000ft, moteur à 2200tr/mn
3) Sonomètres sous la trajectoire
d’atterrissage ; Avion avec silencieux
a) Atterrissage
sur pente d’approche contrôlée avec le PAPI
b) Atterrissage
sans PAPI, approche trop basse avec remise de gaz pour rattraper le plan
c) Atterrissage
à forte pente, moteur réduit
Chaque train de trois passages d’une durée d’environ
15mn, était enregistré de façon continue par l’équipe
au sol, afin de déterminer la trace des passages de l’avion dans
l’environnement sonore des points de mesure (fig. 1).